"...ce n'est pas un palais, mais une cabane, de très simple apparence, et qu'on salue cependant avec bonheur quand on apercoit son toit après une longue et pénible marche à travers les rochers.
Imaginez un rectangle de 6 m de longueur et 2,5 m de largeur, entouré de 4 murs en pierres sèches er recouvert d'une toiture en bois : c'est là toute l'architecture. Le mur de la façade est percée d'une porte et d'une étroite fenêtre ; les autres sont pleins. A l'intérieur, la maçonnerie est complétement revêtue d'un lambrissage en planches solide et bien assemblé.
On trouve en entrant : à gauche deux planchers uperposés, légérement inclinés, avec une botte de paille et des couvertures : ce sont les lits; celui du bas est à 6 places et celuidu haut à 3 places. A droite une table entourée de bancs, et dans l'angle un ële en fonte : tels sont les meubles délicats qont la cabane est décorée.
A ce mobilier un peu rustique est joint le matériel de cuisine indispensable : une marmitte, des casserolles, une poële à frire, une bouillote, une caferière, des assiettes, des fourchettes, tout ce qu'il faut pour préparer et manger une bonne soupe, avec une friture de pommes de terre.
Il y a même, certains ustensiles qui dénotent un sybaritisme les plus profonds, je veux parler des sabots de bois et des chaussons de feutre.
Vous savez tous, Messieurs, quel délicieux bien-être envahit l'âme et le corps quand après 10 à 12 heures de marche dans la neige et les pierres, on peut enfin se débarasser de ses brodequins et mettre ses pieds endoloris dans de larges sabots. C'est une jouissance qu'il faut avoir goûtée pour la comprendre, mais ensuite on en garde éternellemnt le souvenir..."
Conférence à Grenoble le 24 mars 1886 : "les 10 premières années de la STD" par Merceron-Vicat.
(Dans : l' annuaire numéro 11 de 1886, page 198)
